Savoir qui nous sommes réellement

Il n’y a pas d’autre Dieu que Dieu. Dieu est le Vivant, l’Absolu, le possesseur de l’existence absolue. Posséder l’existence absolue signifie être exempt, dans son essence et dans son être, de toute relativité. Dieu existe au-delà d’une conception spatiale et au-delà d’une conception temporelle, son essence n’est pas relative à une localisation dans l’espace, c’est-à-dire, relative à un endroit spécifique, ou à une définition dans un temps, c’est-à-dire existant pour une durée déterminée.

Il est partout, tout le temps, Il est la réalité du monde. Apparent et Caché, Immanent et Manifeste, quelle que soit la chose considérée, le lieu considéré où le moment considéré, la seule réalité à son propos, visible ou invisible, sera toujours l’essence de Dieu.

S’il y avait quelque chose en dehors de Dieu, alors l’existence de Dieu serait relative à cette chose-là, et Dieu ne serait plus as-Samad, l’Absolu, et il y aurait deux Divinités, hors ceci est impossible car c’est contradictoire avec l’essence même de Dieu.

Tout ce qui existe dans cet univers, les multitudes de choses, d’êtres vivants, d’objets, les différentes formes de vie aux couleurs et aux caractéristiques diverses et variées, ne sont rien d’autre que différentes manifestations d’une seule essence, avec un seul fond commun.

Il n’existe rien d’autre que l’unicité de Dieu, son être, sa conscience, et la manifestation de sa volonté, sous une pluralité de formes.

Ainsi, un individu, peut dire, à propos de lui-même, sans arrogance et sans péché, « Je suis Dieu sans être Dieu, mais ma personnalité, à savoir l’ensemble des caractéristiques, physiques et psychiques auxquelles je me suis identifié, n’est pas Dieu. » Cela signifie que dans son essence et sa réalité la plus profonde et la plus vraie, cet être est une partie intégrante de la manifestation de la volonté divine, sous une forme donnée et pour un temps donné.

L’erreur de Pharaon et d’Iblis fut de considérer leur personnalité et l’incarnation momentanée de leur être profond sous une forme corporelle spécifique, comme des divinités à part entière, des divinités existant indépendamment de l’unicité Divine absolue et éternelle. En faisant cela ils ont défié directement le principe majeur et fondamental de l’unicité de Dieu.

Tout cela étant dit, avec cette conscience de notre nature profonde, nous pouvons regarder l’échange qui a eu lieu entre Moïse et son Seigneur. Moïse, arrivé près du buisson ardent, a demandé à Allah, « Qui es-tu ? », Allah a répondu quelque chose de très intéressant, en effet, Il a dit : « Je suis ce que Je suis ». En faisant cela, Il lui a donné la clef. Cette phrase appelle la méditation, car elle est très vaste.

Au premier abord, il est possible de se dire, Dieu est donc indéfinissable, et ceci est vrai, dû à Son immensité et Sa grandeur, Dieu n’est pas totalement définissable. En poussant plus loin, cette réponse nous poussa à comprendre, que Dieu, le Possesseur de l’existence absolue, peut être tout. Tout ce qu’Il décide d’être. Ceci est une information capitale pour nous, étant une partie intégrante de Sa volonté, partie à l’intérieur de laquelle Il a insufflé Son Esprit.

Aussi, l’homme, recherchant sa nature et sa vérité profonde, recherchant qui il est réellement, en se dés-identifiant du corps, des caractéristiques individuelles, spatiales et temporelles peut se considérer comme un tableau blanc sur lequel il peut dessiner ce qu’il veut, effacer et redessiner, il peut être ce qu’il veut être à l’instant où il veut être. La réalité de l’homme est tout à fait grandiose, mais malheureusement celui-ci s’handicape, car il n’a pas compris cet échange entre Dieu et Moïse.

L’homme a une conception de lui-même qui est très limitée, par des fausses croyances à son sujet, qui le poussent à dire « Non, je ne suis pas… », Ou « Je ne suis pas capable de… ». A la lumière de cette conception, il est possible de voir à quel point nous nous somme limités et handicapés durant notre vie en réduisant considérablement notre puissance.

Lorsque l’on médite la réponse donnée par Dieu à Moïse, dans sa profondeur, cela signifie que dans l’absolu, nous somme le néant. Le néant créateur de toutes choses, ayant un potentiel infini, pouvant potentiellement être toutes les choses, pouvant ainsi s’employer à être toutes les versions de lui-même, et les meilleures versions de lui-même.

Ceci étant dit, le verset de Dieu devient plus clair :

« Celui qui a créé la mort et la vie afin de vous éprouver (et de savoir) qui de vous est le meilleur en œuvre, et c’est Lui le Puissant, le Pardonneur. » Sourate Al Mulk (67, 2)

C’est-à-dire, l’homme est un tableau blanc, ayant la possibilité d’œuvrer autant qu’il veut, et son œuvre définira ce qu’il est. Cette conception n’est pas limitée et limitante mais au contraire, elle élève et elle libère.

Il est des gens qui ont une image négative et mauvaise d’eux-mêmes ; ces gens-là, comme tous les autres, s’auto dessinent et ils se définissent dans ce qu’ils sont. Ils choisissent pour eux-mêmes ce qu’ils sont. Et orientent la phrase « Je suis ce que je suis » dans cette direction particulière, dans cet état d’être particulier, ils dessinent cette version négative d’eux-mêmes.

D’autres vont laisser les autres dicter leur croyances à propos de ce qu’ils sont, et vont s’auto définir par rapport aux croyances qu’ils ont reçu, dans leur éducation, parentale, sociétale ou religieuse. Ils vont orienter ce qu’ils sont par rapport aux croyances des autres et devenir ces versions particulières d’eux-mêmes, et offrir leur puissance à autrui.

Comme nous l’avons compris, il n’y a qu’un Dieu et le fond de tout ce qui existe est unique et indivisible. Ce qu’il y a autour de nous et en nous-même est la même chose. La meilleure façon d’œuvrer et de se rechercher soi-même, est donc à travers les autres. Car aller vers les autres c’est aller vers soi-même et leur sourire, c’est se sourire à soi-même. En suivant ce chemin-là l’homme pourra découvrir son propre potentiel, et le déployer très amplement. Il pourra manifester dans l’espace infini, des versions définies de lui-même.

En allant vers les autres il ne faut y aller qu’avec cette conception et pas une autre, avec une conception d’un soi et d’un autre qui sont unifiés, et non divisés. En considérant l’autre et soi-même comme une seule unité, une seule entité, car c’est notre réalité profonde.

Il s’agit d’aller vers autrui avec la conscience que cet autre individu fait partir de soi-même et qu’en réalité nous allons apprendre de nous-même et non d’un autre, extérieur à nous-même. Cette dernière conception de croire qu’on apprend d’un autre distinct de nous-même, est très dangereuse, car elle mène à l’envie, la jalousie ou bien l’idolâtrie.

Mais si l’on comprend réellement la plus large réalité des choses, que c’est vers nous même que nous allons pour approfondir notre connaissance de soi, l’envie ou la jalousie n’ont pas leur place. Ni l’idolâtrie, car nous comprenons que notre personnalité du moment, n’est qu’une apparence et une forme temporaire, et qu’il n’existe rien mis à part la gloire du Dieu Unique.

Cette conception empêche aussi de se sentir inférieur par rapport à un autre, à l’apparence plus belle, ou au parcours de vie l’ayant plus instruit, et nous permet d’avoir une vision belle et noble, et vraie, de nous-même et elle permet d’appliquer réellement les paroles du Coran, à savoir, adorer en toute conscience et en toute humilité, la majesté de Dieu et marcher dans la voie de l’unification.

« Aime Dieu par-dessus tout et ton prochain comme toi-même » Jésus.

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